Mon premier chantier à Paris : la sécurité

Mon premier chantier à Paris : la sécurité

Mon premier chantier à Paris : la sécurité

Dans une tribune publiée par Le Point, Lien vers Le Point.fr , j'ai présenté un diagnostic sur l'explosion de l'insécurité à Paris et surtout mes propositions pour tout changer : mettre en place une force de sécurité globale, crédible et efficace, qui garantisse une tolérance 0 et réprime sévèrement de la moindre incivilité aux délits et aux crimes.

Vous en trouverez également le texte ci-après:

TRIBUNE. L'élue LR du 14e arrondissement souhaite briguer la mairie de Paris en 2020. Avec une priorité : lutter contre l'insécurité

Marie-Claire Carrère-Gée*
Publié dans Le POINT.fr 28/08/2019 à 15:00 | Le Point.fr

Lorsque j'ai choisi, étudiante, de vivre à Paris, ça n'est certainement pas par goût de la sécurité : c'est la liberté de la capitale qui m'a attirée. Liberté de flâner à toute heure, de pouvoir bavarder en terrasse avec des amis comme avec des inconnus, de sortir du métro à l'improviste et partir à la découverte d'un quartier nouveau. Mon inclination, personnelle comme professionnelle, est plutôt de comprendre les difficultés et les fragilités des autres, de contribuer à leur apporter remède, que de juger et sévir.

Mais aujourd'hui, en tant que Parisienne et comme élue de Paris, je le dis haut et fort : la plus grande entrave à notre liberté de vivre à Paris, seul ou en famille, c'est l'insécurité. Vols à l'arraché, agressions physiques, sexuelles, verbales, comment marcher librement dans la plus belle ville du monde lorsque de tels dangers menacent à chaque coin de rue et dans le métro ? Comment ne pas avoir peur de rentrer chez soi tard le soir après être sorti avec des amis ?

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Comment protéger nos ados qui se font violemment menacer et racketter en sortant du collège ou du lycée ? Que leur dire lorsque, témoins d'une agression, ils se sont interposés : « Tu as tellement bien fait, c'est très courageux, tout le monde devrait agir comme toi ! » Ou : « S'il te plaît, ne recommence pas : ce n'est pas de la couardise, mais il faut laisser faire et prévenir la police, car, aujourd'hui, même de petits voyous n'hésitent pas à sortir un couteau » ?

Un étau d'insécurité

Combien d'alarmes faudra-t-il mettre dans nos appartements quand on se fait cambrioler le week-end et que les voleurs n'hésitent plus à entrer chez vous pendant votre sommeil ? Sans parler naturellement des touristes et de l'image de Paris : si le New York Times a récemment consacré un long article à Paris, ça n'était pas pour parler d'un événement culturel majeur. C'était pour décrire l'enfer de la Colline du crack, porte de la Chapelle, toutes les misères qui s'y concentrent et toutes les fleurs vénéneuses – drogue, prostitution, trafics – qui prolifèrent sur ce terreau, jusqu'à envahir les quartiers environnants et pourrir la vie de milliers de Parisiens.

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Oui, Paris est véritablement enfermée dans un étau d'insécurité. Il n'est aucun projet pour Paris qui vaille sans cette remise en ordre préalable, sans une remise à zéro des compteurs de l'insécurité.

Si tout le monde s'accorde sur les faits, la sécurité est probablement le domaine où les divergences sont les plus profondes pour guérir le mal. Et parmi les candidats à la Mairie de Paris, peu sont crédibles pour remettre de l'ordre.

Le moins que l'on puisse dire est que la sécurité des Parisiens n'a pas été une priorité de Mme Hidalgo. Emprisonnée sous le joug de l'idéologie d'élus écologistes, communistes et socialistes, elle s'est montrée incapable de la moindre décision courageuse. Comment oser se déclarer féministe lorsqu'on est la maire inactive d'une ville où les Parisiennes ont peur de sortir le soir  ? Comment brandir l'étendard de l'égalité et laisser des quartiers entiers à l'abandon ?

Benjamin Griveaux n'a ni l'indépendance ni le caractère pour défendre efficacement les intérêts des Parisiens

Le bilan de la municipalité actuelle est révoltant. Refus répétés de mettre en place une police municipale, avant d'y consentir sous une forme édulcorée : seuls les mots changent pour qualifier des agents municipaux existants. Concentration de la misère sociale dans des quartiers toujours plus nombreux. Appels publics aux migrants pour venir à Paris. Diminution drastique des subventions au Groupement parisien interbailleurs de surveillance (GPIS) pour assurer la sécurité dans les ensembles d'immeubles sociaux : la mairie de Paris consacre treize fois moins d'argent à la sécurité des locataires de logements sociaux qu'il y a quinze ans, alors que leur nombre a augmenté de moitié  ! Une « salle de shoot » qui se révèle une catastrophe : pas de prise en charge médicale systématique, le trafic qui sévit, gangrénant tout le quartier. À Paris, la lutte contre la toxicomanie ne profite qu'aux dealers ! Il aura fallu que la délinquance explose pour que le gouvernement et la mairie de Paris prennent de maigres initiatives : des paroles un peu désespérées à l'approche des élections quand l'action a tant fait défaut.

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Et encore : si la municipalité actuelle parle enfin de l'insécurité à Paris, c'est essentiellement pour accuser l'État ! Elle n'a pas entièrement tort. Car le gouvernement aussi a été défaillant. Et le candidat de La République en marche Benjamin Griveaux n'a ni l'indépendance ni le caractère pour défendre efficacement les intérêts des Parisiens dans le dialogue, qui doit être ferme, avec le gouvernement. Un gouvernement toujours tenté de rogner les moyens de la Police nationale. Un gouvernement qui a laissé, pendant tant de semaines, Paris être mis à sac tous les samedis, qui a si mal géré une crise sociale et laissé s'épanouir la violence dans nos rues.

Pour combler cette inertie, je propose l'instauration d'une police municipale armée – pour se protéger et pouvoir intervenir en flagrant délit – partout dans Paris et 24h/24. Car la police municipale de Mme Hidalgo n'est ouverte qu'aux heures de bureau, jusqu'à 19 heures ! Une police qui ait accès aux fichiers des personnes recherchées. Cette véritable police municipale, c'est aujourd'hui le chaînon manquant d'une force de sécurité globale, crédible et efficace qui garantisse une tolérance 0 et réprime sévèrement de la moindre incivilité aux délits et aux crimes.

Je veux tripler le nombre de caméras et en installer aux abords de tous les collèges et lycées. Il faut assurer un maillage complet et fin de tout le territoire parisien. C'est indispensable si l'on veut pouvoir visionner, non seulement une agression ou un cambriolage, mais aussi ce qui s'est passé avant et ce qui se passe après, pour traquer un malfaiteur qui entre ou qui sort de Paris et l'arrêter sans délai. Le GPIS disposera de moyens à la hauteur, les demandes des locataires de logements sociaux d'installation de caméras de surveillance seront satisfaites, les fauteurs de trouble expulsés du logement social. Les incivilités et les deals dans les parties communes et les parkings ne seront plus tolérés. Les gestionnaires et personnels des bailleurs sociaux seront responsables de leurs résultats et ceux qui se montrent défaillants seront remerciés : à Paris, la première des politiques sociales aujourd'hui, elle est là !

Si je revendique que la maire de Paris soit coprésidente d'Île-de-France Mobilités avec la présidente de région, c'est aussi pour améliorer la sécurité dans les transports à Paris. Le premier adjoint à la mairie sera en charge de la sécurité. Des statistiques localisées de la sécurité seront publiées chaque semaine sur le site de la mairie de Paris.

Si je me présente à la mairie de Paris, c'est pour être bien plus que la maire de la sécurité : je serai celle qui s'en donne tous les moyens.

*Marie-Claire Carrère-Gée est conseillère de Paris et candidate (LR) à la mairie de Paris.

Marie-Claire Carrere-Gee

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