Actuellement à Paris, la lutte contre la drogue profite surtout aux dealers: il faut un changement d'approche radical !

Actuellement à Paris, la lutte contre la drogue profite surtout aux dealers: il faut un changement d'approche radical !

Actuellement à Paris, la lutte contre la drogue profite surtout aux dealers: il faut un changement d’approche radical !

Lutter contre les addictions, c’est toujours difficile. Et plus une société est violente, plus l’usage de drogues est violent. C’est ce qu’illustre la progression de la consommation de crack à Paris, dont plusieurs milliers de personnes sont victimes au péril de leur vie.

Pour être efficace, une politique de lutte contre les addictions nécessite tout à la fois :

-de la prévention

-de réduire les risques, pour éviter que la consommation de drogue mette la vie des personnes en danger

-une prise en charge médicale et du soin

-de la répression.

Ne pas tout entreprendre, et tout entreprendre de façon coordonnée, c’est non seulement laisser les victimes de la drogue à la dérive, mais c’est aussi laisser progresser la consommation et les trafics.

L’expérience de la "salle de shoot" à Paris est une catastrophe

L’expérience de la « salle de shoot » parisienne, dans l’enceinte de l’hôpital Lariboisière, est catastrophique.

Je ne mets pas en cause la bonne volonté des intervenants. Mais elle ne coche que la case « réduction des risques » :

-la prévention est inexistante ;

-il n’y a pas de prise en charge médicale et de soin systématique ;

-le trafic sévit autour de la salle de shoot, gangrénant tout le quartier, avec beaucoup d’insécurité et une vie impossible pour les riverains.

La lutte contre les additions à Paris est le paravent d’une tolérance implicite vis-à-vis du deal, qui laisse à l’abandon tant les toxicomanes que les Parisiens dans des quartiers entiers.

Avec les nouveaux projets de "lieu d'accueil et de repos" et de bus itinérant pour les usagers de crack, la Mairie de Paris s'obstine dans l'erreur

Anne Hidalgo et la Mairie de Paris envisagent la mise en place de salles de repos et d'un bus destinés aux usagers de crack, cette drogue si violente qui peut faire basculer des jeunes, en quelques mois seulement, dans des troubles neuropsychiatriques et cardiovasculaires très lourds.

En l’état, ces projets se résument, comme les précédents :

-à laisser les toxicomanes « s’aider tous seuls » : une prise en charge psychosociale ne suffit pas, il faut des médecins !

-à faire l’impasse sur la prévention : tous les jeunes parisiens savent-ils que le crack, forme si violente de la cocaïne, peut les amener à perdre le contrôle de leurs vies en quelques semaines seulement ?

-à laisser prospérer les trafics.

A Paris, il faut un changement d'approche radical!

Il faut, tout à la fois ET de manière coordonnée :

-mettre en place une véritable politique de prévention pour tous les jeunes et dans tous les quartiers;

-décréter une tolérance 0 pour les trafics et le deal : il faut mettre tous les moyens nécessaires pour nettoyer Paris, et en particulier les quartiers autour de Lariboisière, de tous ces trafics qui y prospèrent actuellement et mettre hors d'état de nuire les dealers qui ont pris possession de portions de l'espace public à Paris ;

-mettre en place une présence médicale systématique et permanente dans les structures appelées à intervenir auprès des toxicomanes ainsi que dans le cadre de la réduction des risques, en complément des intervenants assurant une prise en charge sociale ;

-mettre en place des services « urgences addictions » dans des hôpitaux de l’AP-HP. Les services d’urgences de l’AP-HP ne sont, ni les mieux dimensionnés, ni les plus accessibles, ni les mieux placés pour apporter la meilleure prise en charge médicale en cas de crise, quelles que soient les addictions.

Marie-Claire Carrere-Gee

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