Déterminée à améliorer les droits et la vie des personnes en situation de handicap à Paris

Déterminée à améliorer les droits et la vie des personnes en situation de handicap à Paris

Déterminée à améliorer les droits et la vie des personnes en situation de handicap à Paris

Au Conseil de Paris, en réponse à une communication de la Maire de Paris, je suis intervenue  pour défendre les droits et l'amélioration de la vie quotidienne des personnes en situation de handicap en Paris. En cliquant sur le lien ci-après, vous verrez la vidéo de mon intervention : INTERVENTION MCCG

...Et voici la trame écrite de cette intervention:

Félicitations, tout d’abord, d’avoir organisé récemment le Mois du handicap et accompli des efforts pour que le plus grand nombre des personnes handicapées puisse voter à l’occasion des élections européennes.

Et je me réjouis que nous ayons l’occasion, en cette fin de mandature, de débattre au Conseil de Paris des droits des personnes en situation de handicap et de leur vie à Paris.

C’est une très bonne chose que chacun se sente aujourd’hui « obligé », en quelque sorte, de parler du handicap et de faire des propositions sur le handicap.

C’est très important : il n’est pas de progrès en la matière sans une profonde évolution du regard porté par la société sur le handicap.

Nous sommes en train de remporter la grande bataille culturelle qui a été engagée par Jacques Chirac : en 1975, en 1986 et aussi et surtout lors de son second quinquennat, lorsqu’il a décidé que son mandat serait marqué par trois grand chantiers, non des chantiers de pierre, mais des chantiers d’humanité : pour les personnes handicapées, pour les malades du cancer, et pour lutter contre l’insécurité routière.

Ce grand chantier des personnes handicapées s’est notamment traduit par la loi de 2005, la loi « pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », qui a changé la donne en posant les principes de compensation du handicap et d’accessibilité de la Cité.

Mais la parole, ce n’est pas suffisant. La question maintenant, c’est celle des actes.

A cet égard, je ne peux que regretter le très grand recul sur l’accessibilité des logements décidé par le Gouvernement actuel.

Et on ne peut qu’être perplexe de voir la municipalité actuelle d’afficher des ambitions flambant neuves sur le handicap, en toute fin de mandature. Quelques mots sur votre communication, Madame la Maire, sur ce qu’elle contient, sur ses silences aussi.

L’accessibilité des équipements et de l’espace public, d’abord

Question triplement essentielle :

-vie quotidienne, à titre individuel: pourvoir se déplacer et accéder aux équipements et services pour faire ses courses, pour travailler, pour se distraire et accéder à l’éducation, à la culture, aux sports ;

-c’est aussi une question de vie collective dans la Ville

-et bien entendu, l’accessibilité revêt une importance symbolique et de principe : c’est un droit fondamental pour tous.

Vous nous en faites la promesse, Madame la Maire, 50% des équipements municipaux seront accessibles en 2020 et 100% en 2024.

Actuellement, la Ville atteint péniblement 780 ERP/IOP accessibles, soit le 1/3.

Pourra-t-on rappeler que la municipalité est en place depuis 2001 : en quasi 20 ans, 1/3, soit moins de 2% par an.

Et cela en supposant qu’aucun bâtiment n’était accessible en 2001, ce qui n’est pas le cas.

2% par an, donc, et l’an prochain on va faire 17% !... Souhaitons-le bien sûr, Madame la Maire, mais la marche est haute !

Et encore, tous les arrondissements ne sont pas égaux face à la question de l’accessibilité. Dans mon arrondissement, le 14e, un grand arrondissement,  il a été indiqué au Conseil local du handicap, qu’au 1er janvier 2018, 39 établissements de la ville de Paris sont déclarés accessibles sur les 161 que compte le XIVème”.

39 sur 161, cela ça fait moins du quart… L’objectif des 50% en 2020 vaut-il pour tous les arrondissements ? je l’espère.

premières grandes oubliées : les ecoles

Vous l’avez dit Mme la Maire, il faut l’inclusion, dès le plus jeune âge.

Malheureusement : aucun point précis sur les écoles, alors que c’est à l’école que tout commence. Le bilan établi l’an dernier était peu brillant : seulement 1/4 des écoles et 1/3 des collèges seulement étaient accessibles. Là aussi, en quasi 20 ans de mandature.

A votre rythme, Madame la Maire, il faudrait vous garder près de 100 ans à la tête de la municipalité parisienne pour voir les écoles accessibles, pour que chaque enfant parisien puisse aller comme ses petits voisins de palier dans l’école de son quartier.

les moyens

le graphique dans la communication fait état de 42 M€ sur la période 2015-2019. Or le Plan d’investissement pour la mandature (PIM) voté en 2015 avait fléché 74 M€ pour l’accessibilité.

Près de 45% des crédits ont fondu comme neige au soleil…

Comment comptez-vous atteindre vos objectifs 2020 ?

 deuxième “oubli :  l’espace public

Pas un mot à ce sujet dans la communication. Comment osez-vous, Madame la Maire ?

A Paris, l’espace public est totalement encombré, alors que la Ville est totalement maître des règles de stationnement, du règlement de voirie, du règlement des terrasses et des étalages, etc.

Une situation devenue alarmante avec le déploiement des trottinettes et autres engins en libre service et en free-floating.

Sans parler des travaux.

Se déplacer sur les grands comme sur les plus petits axes relève du parcours du combattant, un véritable enfer.

Pour tous les Parisiens, a fortiori et en premier lieu pour les personnes en situation de handicap, non seulement l’espace public n’est pas accessible mais il est devenu, partout, inhospitalier, agressif, violent, dangereux.

On trébuche, on heurte tout et n’importe quoi, on se fait percuter pas des engins de toutes sortes, on se blesse et parfois gravement sur les trottoirs parisiens. C’est une honte.

Les transports

Tout le monde en ce moment parle du métro. Et bien sûr que c’est un problème, tout le monde préfèrerait que le métro soit accessible. Bien sûr aussi qu’il faut une stratégie pour progresser en la matière. Mais pensez-vous, réellement, que le problème, à Paris pour les personnes handicapées, c’est principalement l’accessibilité du seul métro ?

Pensez-vous réellement que, si nous avons plusieurs milliards d’euros à disposition pour investir, la demande des personnes handicapées, ce serait d’engloutir ces milliards, juste dans le métro, en laissant tout le reste inchangé ?

Je ne le pense vraiment pas du tout.

Un vrai doute sur la sincérité des propos : l’expérimentation « suppression des feux  dans le 14ème »

Permettez-moi là encore de dire un mot sur la situation dans le 14e.

Et de mettre votre politique en regard des principes posés par la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, qui affirme que  les personnes handicapées doivent « avoir la possibilité de participer activement aux processus de prise de décisions concernant les politiques et programmes, en particulier ceux qui les concernent directement ».

La Mairie du 14e a accepté, et je l’en remercie, ma proposition de faire en sorte que le Conseil local du Handicap puisse proposer des vœux au Conseil d’arrondissement, comme le font les conseils de quartier.

Depuis des mois, la décision de la Mairie de Paris de supprimer les feux dans le quartier Pernety est particulièrement contestée par les personnes en situation de handicap. Ils se sont mobilisés. Certains ont participé à différentes « déambulations », ainsi que vous qualifiez une façon de faire perdre du temps aux Parisiens en prétendant qu’un jour, vous les écouterez peut-être.

Le Conseil local du handicap a déposé un vœu en Conseil d’arrondissement, un vœu très modéré demandant que vous reveniez sur une partie de la décision.

La majorité municipale l’a rejeté. Un bras d’honneur à la participation de tous aux décisions qui les concernent et à l’a l’accessibilité de l’espace public pour tous.

Et maintenant, après la « déambulation », on propose aux personnes handicapées de participer à une « marche ambulatoire » ! On se moque du monde !

Et l'accessibilité du logement social ?

La Loi ELAN a réduit l’obligation d’accessibilité des logements.

En vous opposant, vous aussi, à ce recul, ce dont je vous félicite, vous aviez affirmé, Madame la Maire votre volonté de maintenir l’obligation de 100% de logements sociaux accessibles.

Problème : à Paris, ce sont seulement 37% de logements sociaux qui sont accessibles, et 3,7% qui sont adaptés aux besoins de leur occupant.

Et encore, votre définition de l’accessibilité, c’est celle d’une accessibilité « de la rue à la porte », en deçà des obligations légales.

La communication mentionne le bilan que les bailleurs sociaux doivent transmettre annuellement concernant la part de logements accessibles et à la part de personnes en situation de handicap bénéficiant d’un logement social. Cela fait suite à un voeu adopté l’année dernière par le Conseil de Paris, que le groupe a voté.

MAIS : où est ce bilan ?

 

 

 

 

 

 

Marie-Claire Carrere-Gee

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