Donnons la parole à tous et en particulier aux arrondissements les plus peuplés - les 10e, 11e, 12e, 13e, 14e, 18e, 19e et 20e - : ils sont la clé du changement à Paris!

Donnons la parole à tous et en particulier aux arrondissements les plus peuplés - les 10e, 11e, 12e, 13e, 14e, 18e, 19e et 20e - : ils sont la clé du changement à Paris!

Donnons la parole à tous et en particulier aux arrondissements les plus peuplés – les 10e, 11e, 12e, 13e, 14e, 18e, 19e et 20e – : ils sont la clé du changement à Paris!

Dans cette tribune publiée dans le Monde, je défends l'idée que le mode de scrutin parisien favorise mécaniquement l'équipe sortante et que le mode le plus sûr de réaliser le changement à Paris est de désigner notre candidat(e) via une primaire par arrondissement, dans les mêmes conditions que l'élection municipale.

Et cela pour que chaque voix compte et que la voix de chaque arrondissement compte, notamment les arrondissements d'alternance dont beaucoup figurent parmi les plus peuplés. Ce sont eux, les oubliés de la politique d'Anne Hidalgo, qui sont la clé du changement. Ne les oublions pas, et au contraire essayons pour une fois de faire en sorte que la droite et le centre portent, lors des prochaines municipales, une voix susceptible d'être entendue dans tous les arrondissements. Bonne lecture !

« Le mode de scrutin actuel favorise les sortants : pour gagner, écoutons tous les arrondissements pour parler à tous les parisiens!

 

« Si rien n’est fait, les Parisiens ont beau vouloir le changement, tout se conjugue actuellement pour qu’Anne Hidalgo puisse être réélue. »

Tribune. Les élections municipales auront lieu dans un an, en 2020. C’est maintenant que cela se prépare. Si rien n’est fait, les Parisiens ont beau vouloir le changement, tout se conjugue actuellement pour qu’Anne Hidalgo puisse être réélue. C’est notamment parce que je le refuse que j’ai annoncé, début avril, ma décision d’être candidate à l’investiture par Les Républicains (LR) pour la Mairie de Paris.

Bien des journalistes, tous les sondeurs et certains candidats font comme si les Parisiens élisaient leur maire : il n’en est rien ! Pour l’emporter, il ne faut pas avoir obtenu la majorité des voix, il ne faut pas non plus avoir gagné une majorité d’arrondissements : il faut avoir une majorité de conseillers de Paris ! Le mode de scrutin à Paris est une offense à la démocratie qui favorise les sortants.

Quand les Parisiens votent, ils le font en effet dans leur arrondissement. Ils élisent des conseillers, dont le nombre croît avec la population de l’arrondissement. Les habitants des neuf arrondissements les moins peuplés envoient, chacun, au plus, quatre conseillers de Paris, quand le 15e arrondissement en envoie dix-huit ! Paris est la résultante, indirecte, de vingt élections communales – qui seront dix-sept en 2020 avec la fusion des arrondissements centraux –, où le poids démographique de chaque arrondissement se révèle décisif.

Ce mode de scrutin favorise le sortant quel qu’il soit car, à cause de lui, l’opposition est mécaniquement tentée de se présenter aux Parisiens dans les pires conditions. Pourquoi ? C’est tout simple : les candidats et le projet proposé pour les arrondissements à reconquérir sont, de facto, désignés par ceux qui « pèsent » déjà au sein de l’opposition, c’est-à-dire les élus actuels des arrondissements de droite.

Frein à l’alternance

C’est un peu comme si, ailleurs en France, il appartenait au maire d’une commune de droite de désigner le candidat et le projet municipal de la droite dans la commune voisine, de gauche : il y a un grand risque de décalage avec les aspirations des électeurs ; ce ne sont pas les meilleures conditions pour gagner ! Les femmes et les hommes ne sont aucunement en cause : c’est le mode de scrutin, qui établit les hiérarchies au sein de l’opposition. Il conduit cette dernière à préserver l’existant, jamais à gagner. C’est le plus puissant frein à l’alternance jamais imaginé.

Les chances de l’opposition de l’emporter à Paris sont encore amoindries par l’éclatement des structures partisanes et la multiplication des chapelles politiques depuis la dernière élection présidentielle. Au Conseil de Paris, on ne compte pas moins de neuf « forces » politiques : les socialistes, les républicains, les écologistes, les UDI-Modem, les communistes, les macronistes de droite, les hamonistes, les macronistes de gauche et les radicaux de gauche !

Dans la perspective des prochaines dix-sept élections d’arrondissement, les possibilités de division de l’opposition sur fond d’obscures « combinazione » partisanes réalisées dans le dos des Parisiens se multiplient : si rien n’est fait, c’est le meilleur moyen de dégoûter les électeurs qui aspirent et ont droit à la clarté. C’est le chemin le plus court vers une réélection d’Anne Hidalgo.

Déjà contestable en soi, le mode de scrutin parisien emporte ainsi des conséquences qui en font une offense aux principes démocratiques. Mais c’est avec lui que se joueront les prochaines élections municipales. Il faut réagir. Pour départager les candidats à l’investiture Les Républicains, je défends le principe d’une primaire.

Elle présente trois avantages majeurs. Elle exige de la transparence et de la clarté de la part de chacun. Elle est le meilleur moyen de garantir l’existence d’un débat démocratique. Elle permet, enfin, d’asseoir une légitimité pour la suite : c’est essentiel, surtout lorsque la « suite » doit s’incarner dans dix-sept élections d’arrondissement…

Une comptabilisation par arrondissement

Pour autant, organiser une primaire en comptabilisant les résultats au seul niveau agrégé, Paris, ne serait pas la meilleure solution. L’élection municipale se déroulera, non au niveau agrégé mais par arrondissements, en tenant compte du poids démographique de chacun d’entre eux. Comment envisager une primaire aussi déconnectée des conditions de l’élection réelle ?

Surtout, de telles primaires aboutiraient à désigner, non le meilleur candidat pour gagner, mais, une nouvelle fois, le candidat préféré dans les arrondissements déjà à droite, qui par définition se mobilisent plus lors d’une primaire de droite.

Pour que la primaire soit à la fois véritablement démocratique et qu’elle nous donne toutes les chances de gagner l’élection municipale par la suite, la primaire doit être organisée dans les mêmes conditions que cette élection. Les résultats de la primaire – c’est tout à fait simple à réaliser – doivent être comptabilisés par arrondissement. Et un score obtenu dans un arrondissement doit conférer un nombre de « points » qui dépend de la population de l’arrondissement concerné.

C’est le seul moyen pour que la voix de chaque habitant compte, et que tous les arrondissements comptent. C’est d’autant plus important que, dans ces arrondissements les plus peuplés – je pense en particulier aux 10e, 11e, 12e, 13e, 14e, 18e, 19e et 20e –, vivent tant de Parisiens qu’Anne Hidalgo a oubliés pendant toute sa mandature. Donnons-leur, aussi, la parole ; ils sont la clé du changement à Paris !

Marie-Claire Carrère-Gée est l’ancienne secrétaire générale adjointe de l’Elysée sous la présidence de Jacques Chirac.

Marie-Claire Carrère-Gée (Candidate à l'investiture LR pour la Mairie de Paris, conseillère de Paris, élue du 14e arrondissement)

 

Marie-Claire Carrere-Gee

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